en couverture…

La couverture aspire. Zone d’échange, elle représente un lien qui traduit le travail des intermédiaires entre l’auteur et le lecteur. Du mystère de la reliure pleine peau, demi-chagrin, en passant par les cartonnages éditeurs du XIXe siècle jusqu’aux flamboyantes promesses de la littérature populaire du siècle dernier, elle reste la promise qui doit se révéler au premier regard. Robert Massin la considérait comme relevant du besoin d’impact à l’instar d’une affiche, quelques secondes pour attirer ou passer. Elle reste toujours la place privilégiée des graphistes et la propriété des éditeurs. Les nouvelles parutions numériques n’ont toujours pas trouvé le moyen de s’affranchir du format (qui n’aurait plus lieu d’être puisqu’elle ne dépend plus du format du livre), les éditeurs numériques continuent à proposer des étagères virtuelles où s’alignent les « couvs »… Dans ces zones à usages multiples – visuel, auteur ou titre pour l’accroche de la première de couv, informations pratiques pour la recherche en étagère du dos, aux compléments de la quatrième – les trouvailles, créations ou déconstructions sont de formidables champs de découvertes. Cette page comme départ à ces voyages.

*
**

Les transports en commun sont un bon terrain de jeu pour deviner qui se cache derrière la lecture. Bien souvent on joue à deviner le livre que peuvent lire les personnes d’une rame. L’information délivrée par la couverture peut aussi provoquer un désir, celui d’aller se procurer le livre car il nous y fait penser ou nous donne envie, ou bien d’entrer en contact avec la personne plongée dans la lecture d’un ouvrage lu et aimé. Les liseuses ou les tablettes nous frustrent de ce lien, ce qui se tient entre les mains est fondu dans l’anonymat. Heureusement qu’il est plus rare de croiser un format numérique qu’un format poche, moins délicat et moins ostensible.
Que dire alors d’un livre couvert ? J’ai pensé protection, nombre de mes livres ont ce papier cristal, souvent les plus rares ou précieux, ce léger crissement sous les doigts à la lecture qui chasse mes angoisses bibliophiliques.
En croisant cette personne dans le tramway je me suis amusé à passer derrière pour jeter un œil sur le texte. Je me doutais bien que dans ce cas il ne s’agissait pas d’une précaution de conservation. Un bon roman sentimental, il faut dire que la « re-couverture » en programme télé ne laissait pas tellement la place au doute…  Puis je me suis posé la question, si on ne fait généralement pas attention à l’apparence de l’ouvrage lu en présence des autres, il n’empêche que l’on y pense quand même un peu. S’il est des livres qui peuvent nous donner un peu de prestance, il y en a forcément qui pourraient nous mettre mal à l’aise juste par leur titre ou l’aspect de leur couverture. Je me suis donc amusé à chercher deux livres qu’il me serait difficile de tenir dans un transport en commun sans penser au regard d’autrui… Un pour pour le titre et l’autre pour l’illustration de la couv.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s